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    <title>The Kerbiquet Wheneverly News </title>
    <link>http://www.marthevassallo.com/journal/journal.html</link>
    <description>Traoù nevez, kozh traoù,  bitrakoù ha traoùachoù, ha soubenn an teir yezh… &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Bulletin paroissial, grandes nouvelles et petits plaisirs, en direct de La Ville aux Pies…&lt;br/&gt;Les articles concernant le plus directement mon actualité musicale sont signalés d’un *. Une question?  Je tâcherai d’y répondre ici. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Big news, sweet nothings and silly jokes… In French and Breton so far, unless it turns out English is needed too: if so, please e-mail your question and I will be happy to oblige.&lt;br/&gt;(Oh, and in case you wondered, “Kerbiquet” is just the unofficial name of a field with my house on it. It means “Magpieville” in Breton and I love it.The name. And the field too.)</description>
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      <title>Intraduisible…</title>
      <link>http://www.marthevassallo.com/journal/Entrees/2009/11/15_Intraduisible.html</link>
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      <pubDate>Sun, 15 Nov 2009 20:16:19 +0100</pubDate>
      <description>&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;… par moi, du moins: &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;“We are but older children, dear,&lt;br/&gt;Who fret to find our bedtime near.”&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;                    Lewis Carroll, “Through the Looking Glass”.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;(…quelquechose comme:  “Nous ne sommes, sais-tu, que des enfants plus vieux / Que le coucher prochain rend inquiets et nerveux.”  &lt;br/&gt;Ah la la, le bon vieil alexandrin des familles ne rend pas justice à la concision et à l’humour mélancolique de ces vers… Si je trouve mieux, j’actualise!)&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;</description>
    </item>
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      <title>*Résidence (Ebrel/ Le Buhé/ Vassallo: ça avance!)</title>
      <link>http://www.marthevassallo.com/journal/Entrees/2009/11/11__Residence_%28Ebrel__Le_Buhe__Vassallo__ca_avance%21%29.html</link>
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      <pubDate>Wed, 11 Nov 2009 20:16:18 +0100</pubDate>
      <description>Ciel! Trois semaines de silence! Je vous néglige, ma parole! &lt;br/&gt;Il faut dire que ces trois semaines ont filé en un éclair, la faute aux mille choses en attente depuis des mois, qui ont sournoisement profité de la première seconde de relâche pour me tendre une embuscade bien ficelée. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;La faute aussi à une pleine semaine de travail avec Annie Ebrel et Nolùen Le Buhé à Fougères, pour expérimenter plus avant encore, cette fois avec la compositrice Frédérique Lory et Messire Patrick Ewen. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;C’est le moment de lâcher un de ces mots dont l’Homo Sapiens Professioneldelaculturensis abuse sans même s’en apercevoir, cependant que le simple mortel n’y entend rien d’autre qu’un mystère dont, soit dit en passant, il n’a que peu de choses à cirer:&lt;br/&gt;&lt;br/&gt; “résidence”, n.f.: de “travail en résidence”: session de travail d’un ou plusieurs artistes dans un lieu et un temps donné, à l’invitation d’une entité généralement liée à ce lieu. &lt;br/&gt;Ex: “le directeur du théâtre nous propose une résidence”, “il est en résidence pour une semaine”. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Amusant comme un mot qui se trouve si souvent attaché à des idées de sommeil, d’inertie, de durée, voire de vacances (quartier résidentiel, résidence secondaire, résidence Bellevue…) devient pour nous autres synonyme de période de travail intense, de brièveté (la plupart des “résidences” se chiffrent en jours plus qu’en semaines) et de transformation car l’objet même de ces sessions est de découvrir et de développer, c’est-à-dire de rentrer chez soi au moins un peu changé! &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Dans le ravissant théâtre à l’italienne de Fougères, nous avons donc mis sur pieds deux nouveaux morceaux, poussant plus avant le travail à trois voix grâce à la science et la finesse de Frédérique; sous l’œil lumineux de Patrick, nous avons affiné ce que nous voulions vous raconter entre les chansons; et pendant ce temps encore, le régisseur lumière du théâtre, Jean-Luc Boulanger, nous mitonnait des éclairages idoines…&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Auparavant, en septembre, outre une première rencontre avec Frédérique, nous avions pris deux jours avec la chanteuse et comédienne Afida Tahri. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pour travailler quoi? J’aimerais pouvoir vous le dire avec des mots clairs… Je me souviens que quand, petite fille, je demandais à mon ingénieur de papa sur quoi il travaillait, il soupirait un: “je peux te le dire, mais tu n’en saurais pas plus”… Chaque fois que je dis que j’ai beaucoup appris de telle ou telle collaboration et qu’on me demande d’être plus précise, je pense à mon papa et je soupire à mon tour… Disons qu’avec Afida, nous avons cherché à mieux être chacune à elle-même, aux autres, au geste vocal (“geste vocal”? Encore du jargon!)… Explorer notre corps, notre personne et notre musique comme un pianiste fait des gammes. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Hélas, ce genre de travail ne peut se décrire qu’en termes éthérés, pour ne pas dire fumeux! Alors qu’il s’agit au contraire, pour qui s’y frotte, de la besogne la plus concrète qui soit, avec des avant et des après tout-à-fait précis, des entraînements, des techniques, des plis à prendre… &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Bon, maintenant y a plus qu’à! Digérer, roder les nouveaux morceaux – et là, pas de mystère: plus c’est élaboré, plus il y a de travail dans la mise au point! Mais à la clef, il y a une version plus riche et plus sûre de notre concert, quelque chose qui devrait se rapprocher encore du but que nous poursuivons: présenter le chant breton a capella dans toutes ses profondeurs, le bouleverser sans jamais le perdre, et y amener ceux qui pensaient en avoir tout entendu comme ceux qui croyaient ne rien vouloir en entendre. Et il y en a! &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;</description>
    </item>
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      <title>Soirée diapos 3: annonce immobilière</title>
      <link>http://www.marthevassallo.com/journal/Entrees/2009/10/22_Soiree_diapos_3__annonce_immobiliere.html</link>
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      <pubDate>Thu, 22 Oct 2009 11:53:06 +0200</pubDate>
      <description>&lt;br/&gt;FORT POTENTIEL GITES, POUR BON BRICOLEUR: &lt;br/&gt;20km Est d’Edinburgh, belle propriété entièrement en pierre comprenant triple porte avec studios, tours avec latrines et cheminées à tous les étages, escaliers pierre, cuisines, cellier, prison, cour intérieure gazonnée avec puits, chemin de ronde. Beaux volumes. Dépendances: une avant-porte avec défense artillerie. Travaux à prévoir.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Belle situation avec vue mer. Imprenable. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;(Imprenable, du moins, c’est qu’ils croyaient…  Le château de Tantallon fut abandonné en 1651 après être tombé, comme un certain nombre d’autres, sur ordre de Cromwell.)&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;</description>
    </item>
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      <title>Soirée diapos 2, photographie animalière ou: des vertus du cadrage </title>
      <link>http://www.marthevassallo.com/journal/Entrees/2009/10/21_Soiree_diapos_2,_photographie_animaliere_ou__des_vertus_du_cadrage.html</link>
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      <pubDate>Wed, 21 Oct 2009 22:09:15 +0200</pubDate>
      <description>Fig. 1, le rêve: &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Fig. 2, la réalité: &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;(Explication: ces cerfs pullulent sur toute l’île d’Arran, au point que des clôtures ceignent des zones entières pour permettre à la végétation de s’y re-développer, et que des opérations de chasse sont régulièrement organisées. Ceux que vous voyez ici ont trouvé la parade: dans ce petit village du nord de l’île, ils sont devenus des stars pratiquement domestiques, nourris à la tonte d’herbe et se laissant approcher à moins d’un mètre cinquante. Ce qui n’empêche que, les occasions de voir de près un cerf vivant ne se présentant pas par millions dans une vie, on se retrouve soi-même dans la position des touristes ci-dessus, émus et comiques. Et on assume de l’être.)&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;</description>
    </item>
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      <title>Soirée diapos 1: les montagnards sont là</title>
      <link>http://www.marthevassallo.com/journal/Entrees/2009/10/19_Soiree_diapos_1__les_montagnards_sont_la.html</link>
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      <pubDate>Mon, 19 Oct 2009 09:14:17 +0200</pubDate>
      <description>Expédition Amundsen? Non, vacances en Ecosse: &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;J’ai toujours préféré le ridicule à la pneumonie. &lt;br/&gt;(Je suis particulièrement fière des gants roses.)&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sur l’île d’Arran, la randonnée incontournable consiste à crapahuter au sommet de Goat Fell, point culminant de l’île. 872m de dénivelé – aah, ben oui, on part du niveau de la mer, c’est ça les îles… Mais il faut dire que la vue, là-haut, est à la hauteur de l’effort. Tenez, c’est bien simple, on touche les nuages du doigt: &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Effectivement, si on n’a pas de bol, ça peut être comme ça. Mais comme dit le vieux proverbe écossais: “si d’en bas tu ne vois pas le sommet, ne te casse pas la nénette à monter le vérifier”. Pour les avoir observés AVANT de monter, nous savions que ces méchants nuages ne faisaient jamais que passer: &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;… Pour dégager complètement, de temps à autre, une vue qui, oui, trève de plaisanteries, nous récompensait amplement de nos ahanements et autres élongations… &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;…avec, pour faire bonne mesure, quelques effets spéciaux du meilleur goût. Rien à dire, les Ecossais savent recevoir.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;</description>
    </item>
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      <title>Pour me faire pardonner le courrier précédent</title>
      <link>http://www.marthevassallo.com/journal/Entrees/2009/9/30_Pour_me_faire_pardonner_le_courrier_precedent.html</link>
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      <pubDate>Wed, 30 Sep 2009 20:17:42 +0200</pubDate>
      <description>“Par leurs meilleurs côtés sachons prendre les choses: &lt;br/&gt;Vous vous plaignez de voir les rosiers épineux,&lt;br/&gt;Moi, je me réjouis et je rends grâce aux Dieux&lt;br/&gt;Que les épineux aient des roses.”&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;                            Alphonse Karr. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;“Martin des Senteurs” le très bien nommé… &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;</description>
    </item>
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      <title>Divagations d’automne (si, si, je vous jure, tout va bien!)</title>
      <link>http://www.marthevassallo.com/journal/Entrees/2009/9/30_Divagations_dautomne_%28si,_si,_je_vous_jure,_tout_va_bien%21%29.html</link>
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      <pubDate>Wed, 30 Sep 2009 19:42:21 +0200</pubDate>
      <description>[Pardon pour la longueur et les grands mots… Je ne suis décidément pas faite pour l’ère du SMS! Mais après tout, c’est mon journal et je déblatère si je veux et tant que je veux… Et puis je n’aurai sans doute pas le temps d’écrire grand chose d’ici deux ou trois semaines, il faut bien que je vous laisse de la lecture!]&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Mes amis s'en amusent: je fais partie de ces gens, par ailleurs plutôt optimistes et rieurs, qui ne savent pas ce que c'est que la légèreté. Je n'y peux rien, il y a une gravité jusque dans mes menus plaisirs, je ne sais pas savourer un chocolat ni rire d'une blague salace (ce n'est pourtant pas faute d'être versée en l'un et l'autre domaine!) autrement qu'en me disant que c'est toujours ça de pris avant la mort. Ça n'a rien d'obsessionnel ni de lugubre; je crois plutôt que c'est justement la conscience de l'impermanence des choses qui me rend plus vastes les plus petits bonheurs, comme si vivre, loin d'être absurde, était un grand jour de fête, un dimanche complexe et passionnant au milieu d'une infinie semaine de néant… Ça ne fait que passer, c'est un hasard fou, et voilà que j'ai la chance d'y être! (1)&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Chacun comprend l'art à l'aune de ce qu'il ressent du monde. Pour moi, je suis donc bouleversée par ce pouvoir qu'a la musique d'utiliser le caractère fini de toute chose dans le temps – la note, la mélodie, la pièce commencent, se développent et s'arrêtent – pour mettre en lumière cette espèce d'infini, dans l'espace cette fois, qui est celui de la plénitude d'exister. Faire de l'infini avec du fini, voilà une des grandes attractions de ce beau dimanche de vivre! &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Cette idée de la mort flotte comme un parfum insolite sur toute musique : d'une part parce que, si l'art est un petit triomphe momentané sur la mort, chaque fois qu'il la vainct il la convoque également. D'autre part parce que le temps de la musique est aussi le temps des vies, celle du musicien et celles des auditeurs… La plupart du temps ce parfum reste imperceptible, indistinct parmi les autres arômes. Mais parfois il se fait plus présent. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Est-ce Bedos ou Devos qui, dans un spectacle, disait en substance: &amp;quot;nous sommes 1200 dans cette salle ce soir; je suis au regret de vous annoncer que X d'entre nous ne passeront pas l'hiver&amp;quot;? Je trouve cela d'autant plus drôle que, malgré une erreur scientifique certaine (eh, la plupart des gens qui meurent n'allaient déjà plus au théâtre trois mois auparavant!), cela comporte une part de vérité. Nous qui, en fest-noz, croisons un public de tous les âges, nous en savons quelque chose: la plupart des musiciens, et Loened Fall n'y fait pas exception, ont vu s'effondrer au moins un danseur victime d'attaque ou d'infarctus… Et il n’est pas rare que nous apprenions qu'un fest-noz a été le dernier de tel ou telle. (C'est une pensée que j'ai parfois en scène, quand je me sens un peu feignasse notamment: il y a peut-être quelqu'un ici dont c'est la dernière fête et je n'ai pas le droit de ne pas lui donner tout ce que je peux. Accessoirement, ce quelqu'un pourrait être moi!)&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Sans que l’on aille jusqu'à mourir dans la salle (j'ai l'air de plaisanter mais, croyez-moi, on se réveille d'une humeur TRES etrange quand on a vu un inconnu tomber, la veille, pendant qu'on chantait), la musique suit de toute façon nos temps à tous… J'ai ainsi connaissance d'un bébé qui a vu le jour au son d'un album de Loened Fall – et je remercie la maman de nous l'avoir raconté! &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et la musique est là, plus que jamais, comme enfin révélée dans l'ampleur de son rôle, quand la mort survient pour de bon. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Plusieurs faits ont convergé, ces dernières semaines, pour me le rappeler: deux personnes m'ont écrit pour demander l'autorisation de diffuser nos enregistrements à l'enterrement d'un proche, et deux autres m'ont confié l'avoir fait; et puis le concert à Guérande, en août, m'a fait rencontrer la famille d'un ami trop tôt disparu, le sonneur Christophe Caron… et retrouver son inimitable signature, à cinq ans de distance, dans le livre d'or. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Pour les premiers, ma réponse est toujours la même: c'est un immense honneur que vous nous faites là (et bien sûr qu'aucune autorisation n'est nécessaire, manquerait plus que ça!)… Pour le second, je crois que peu de gens auront su aussi magistralement partager, sur scène et en privé, cette force irréfutable de l'existence qui peut se révéler quand on s'absorbe à souffler, à pincer des cordes, à frapper des touches, à compter des temps… Aucun de ceux qui l’ont croisé n’ont oublié cette leçon. (2)  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;On entend parfois un musicien dire que la musique l'aide à vivre – sous-entendu: elle l'aide à endurer les vicissitudes de ce bas monde, elle le console de vivre. Pour moi, si elle m'&amp;quot;aide&amp;quot; à vivre, c'est dans un tout autre sens, le plus littéral qui soit: elle fait de moi – du moins je l'espère – quelqu'un qui sait mieux être vivant, comme on sait mieux cuisiner. Si elle me console de quelque chose, c'est de l'idée que tout cela doive cesser un jour… &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt; (1) Où serais-je donc si je n'y étais pas, voilà la question que me poseront ensemble, chagrins, les Témoins de Jéhova et les agrégés de philo. Je leur ferai mon plus beau sourire pour leur répondre que je chéris, entre toutes choses, cette absurdité première de considérer comme un bien, avec ce que cela suppose de comparaison, une chose à laquelle je crois qu’il n’existe aucune alternative. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;(2) J'aurai l'occasion de vous reparler de lui sous peu, car une édition de ses compositions est sur le point de sortir, qu'on se le dise! &lt;br/&gt;</description>
    </item>
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      <title>Un maître</title>
      <link>http://www.marthevassallo.com/journal/Entrees/2009/9/23_Un_maitre.html</link>
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      <pubDate>Wed, 23 Sep 2009 21:45:07 +0200</pubDate>
      <description>Le hasard qui, comme chacun sait, fait parfois bien les choses, avait sans doute décidé de se faire bien voir: le concert de ce midi aux Champs Libres nous obligeant à venir à Rennes dès hier soir, Annie Ebrel, Nolùen Le Buhé et moi-même avons pu aller à l’Opéra de Rennes pour l’une des deux dates françaises du chanteur iranien &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=Fh-0J_xCVc8&amp;feature=related&quot;&gt;Mohammad Reza Shajarian accompagné du Shahnaz Ensemble&lt;/a&gt;. J’avoue que je ne connaissais pas cet homme, et quiconque en sait plus que moi sur la musique iranienne y verra (à raison) le signe de la plus crasse ignorance: le monsieur est un monument là-bas depuis des décennies. Je n’en ai pris qu’une plus grosse claque: voix et technique époustouflantes (à 69 ans, l’une ne va plus sans l’autre!), orchestrations d’une puissance rare, sans compter l’émotion d’une salle remplie d’iraniens dont il est permis de penser que beaucoup n’ont pas quitté leur pays pour le plaisir de visiter le vaste monde… (1) Nous avons pleuré un peu plus tard qu’eux, sûrement, mais nous avons pleuré aussi. Les ors de l’Opéra seyaient insolitement à cette musique savante, concentrée, qui semble dire la douleur du monde avec autant de dignité que de passion. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Et puis, aux rappels, le chef, compositeur et arrangeur de l’ensemble a annoncé une surprise pour l’anniversaire du maître: une nouvelle pièce écrite pour lui, dont nous allions entendre un enregistrement où chantaient son fils et sa fille (cette dernière étant à ses côtés sur scène). &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Minutes étranges et magnifiques: musiciens et public face à face écoutent une musique enregistrée, tandis que le futur interprète principal découvre l’hommage qui lui est rendu, y compris par ses propres enfants… L’émotion était d’autant plus forte que le concert de la veille, à Paris, s’était déroulé à côté du portrait tendu de noir d’un grand musicien – gendre du chanteur si j’ai bien compris – , abruptement décédé le jour même en Iran.  &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;A mesure que la pièce se déroulait chacun sortait un mouchoir, sur le plateau comme dans la salle, et c’était curieux de voir ces petits carrés blancs se promener sur les couleurs somptueuses des costumes… Puis il y a eu des embrassades, un salut baigné de larmes, et la place de l’Hôtel de Ville a vu ressortir des centaines de muets pensifs aux yeux brillants… &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;Merci, Annie, de m’avoir informée de ce concert! Et vive le hasard qui parfois nous sauve de notre ignorance et nous permet de vivre des minutes comme celles-là. &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;(1) A qui s’interrogerait sur les aspects politiques du personnage, je serais bien en peine de répondre en détail: je ne lis pas le persan dans le texte, et je me garderai de préjuger, depuis mon fauteuil, des complexités qui font qu’un artiste quitte ou ne quitte pas un pays en crise. Tout ce que je sais, c’est qu’aux dernières élections Shajarian a pris position en faveur des contestataires et exigé de la radio nationale qu’elle ne diffuse plus sa musique. Et tout ce que j’ai vu, c’est que sur ses quinze musiciens on comptait trois femmes; bien plus que ce dont, en général, nos musiques actuelles ou traditionnelles peuvent se vanter… &lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;</description>
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