Désolée, mais elle est trop belle:
"Bien loin d'impliquer la répétition de ce qui fut, la tradition suppose la réalité de ce qui dure."
Igor Stravinsky, Poétique Musicale, Flammarion.
J’ajouterai, dans le cas de la musique bretonne – qui n’est peut-être pas si particulier que cela – : même s’il arrive, dans notre petit bout de siècle, que l’on vienne à cette musique attiré par le seul désir adolescent, romantique ou politique, de perpétuation (“la répétition de ce qui fut”), cela ne reste jamais longtemps le cas. Soit l’on est conquis par la matière elle-même (“la réalité de ce qui dure”), soit on ne l’est pas et on ne va pas tarder à l’abandonner. Personne ne pratique longtemps ni bien (surtout!) une musique qu’en elle-même il n’aime pas…